Combiner la génétique à l’action en prévention : la petite histoire d’une alliance naturelle pour le Grand Défi Pierre Lavoie, l’IUCPQ et Génome Québec.

Par le blogueur invité Jean-Pierre Després, Ph. D.

Directeur de la recherche en cardiologie
Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec
Professeur en kinésiologie, Faculté de médecine
Université Laval

Les gens familiers avec ce blogue et avec l’histoire de Pierre Lavoie connaissent bien le parcours remarquable de ce grand triathlète québécois qui a fait face à l’adversité et a traversé deux événements tragiques (le décès de deux de ses enfants attribuable à une maladie génétique, l’acidose lactique). Il a utilisé son immense énergie, ses moyens physiologiques et sa force psychologique pour convertir une situation potentiellement insoutenable en des actions de terrain qui sont en voie de changer les normes sociales au Québec : l’éducation de nos enfants et de leurs parents sur les bénéfices d’une alimentation saine et de l’activité physique. Ainsi, des centaines de milliers de petits Québécois (et leurs parents et grands-parents) connaissent maintenant très bien la notion des fameux cubes énergie. C’est avec plaisir qu’ils se mobilisent au printemps dans le but de « faire des cubes » et peut-être se retrouver à Montréal pour accueillir, un certain dimanche de juin, les cyclistes participant au 1000 km du Grand défi Pierre Lavoie (GDPL) qui rentrent fatigués, mais heureux et fiers de leur périple de trois jours à travers le Québec.

Partenariat entre l’Institut universitaire de cardiologie et pneumologie de Québec (IUCPQ) et le GDPL
En tant que chercheur et professeur à l’Université Laval, cela fait maintenant 28 ans que je dirige un laboratoire de recherche qui s’intéresse aux éléments de notre mode de vie (sédentarité, malbouffe) et de leurs conséquences qui augmentent nos risques de développer des maladies chroniques sociétales comme l’obésité, le diabète de type 2, l’hypertension et les maladies cardiovasculaires. À titre d’exemple de retombées de nos études, nos travaux réalisés à l’IUCPQ nous ont permis de conclure que l’obésité était bien plus qu’un problème de poids. Ainsi, indépendamment de notre poids corporel, trop de graisse dans la cavité abdominale, une condition que nous avons appelée obésité viscérale il y a 25 ans, s’avère un puissant facteur de risque pour le diabète, les maladies cardiovasculaires et même certaines formes de cancers, d’où l’importance de suivre l’évolution de son tour de taille plutôt que de son poids. Par ailleurs, nos études d’intervention ont démontré qu’améliorer la qualité de notre alimentation (plutôt que se contraindre à une restriction calorique et à une diète à faible teneur en gras) et augmenter notre niveau d’activité physique pouvaient induire une perte de cette graisse viscérale dangereuse pour la santé et permettre parfois d’augmenter notre masse musculaire, et ce, sans nécessairement perdre beaucoup de poids. Nous avons donc proposé que le concept du « poids santé » était complètement dépassé et que nous devions aller au-delà du poids corporel et de la perte de poids pour apprécier les risques pour la santé du surpoids et de l’obésité. De nouveau, la simple mesure du tour de taille nous permet de préciser l’évaluation et le suivi du risque cardiovasculaire; il s’agit d’un signe vital aussi important que le taux de cholestérol ou la tension artérielle.

Malheureusement, même si ces notions ont des implications concrètes pour la santé des Québécois, j’ai réalisé les limites de mes actions de chercheur si le relais n’était pas pris sur le terrain.

Ainsi, il existe un profond fossé entre ce que nous savons sur le plan scientifique en matière de prévention et ce que nous communiquons et réalisons sur le terrain. Cette situation est pour moi une source de désolation et de frustration depuis plus de 20 ans. C’est alors qu’arrive dans le décor un athlète et un papa du nom de Pierre Lavoie…

La mobilisation sociétale du GDPL
Lorsque Pierre et son équipe nous ont contactés pour nous demander de les aider à développer des outils éducatifs pour ses visites dans les écoles, il a été aiguillé vers l’expertise de ma collègue, le Dre Natalie Alméras. Celle-ci a contribué au développement du concept du « Véhicube », un véhicule éducatif formidable qui non seulement fait le plaisir des enfants, mais qui leur permet également de tester et d’affûter leurs connaissances en nutrition. De plus, ils ont la chance de faire du vélo virtuellement avec Pierre. Votre enfant est peut-être parmi les 35 000 jeunes par année qui reçoivent la visite du Véhicube et a probablement vécu cette expérience formidable qui laissera manifestement des traces et des souvenirs inoubliables.

Plus de 1100 établissements scolaires au Québec représentant près de 325 000 de notre demi-million d’étudiants se sont mobilisés dans le cadre du concours « Lève-toi et bouge » du GDPL le printemps dernier, une statistique absolument remarquable. Une telle progression et de tels chiffres me rendent d’ailleurs optimiste sur le futur de la prochaine génération de Québécois. Il y a bien des chances que ceux-ci soient sensibilisés et possiblement plus actifs que la génération précédente. En effet, ils ont dépensé plus de 90 millions de cubes énergie lors du printemps 2013, ce qui représente une dépense énergétique probablement supérieure à 2 milliards de calories, une estimation très conservatrice ! Que d’énergie mobilisée par le Grand Défi pour le bénéfice, le plaisir et la santé de nos enfants !

Au fil de cette collaboration, je me suis aussi concrètement impliqué dans le GDPL en participant depuis 3 ans au 1000 km par l’entremise d’une équipe de l’IUCPQ : Les cardiométaboliques. Les 10 000 km que je parcours maintenant tous les ans sont une source de pur bonheur et de santé ! De plus, j’ai la chance de vivre le 1000 km du Grand Défi de l’intérieur, un privilège qui me permet d’en apprécier tout l’impact sociétal ! Quel événement mobilisateur !

Le GDPL en entreprise
Puisque notre institution est devenue au fil des ans très impliquée dans les activités du GDPL, nos discussions avec Pierre et Germain Thibault (directeur général du GDPL) nous ont permis de constater qu’ils étaient aussi très préoccupés non seulement pas les habitudes de vie de nos enfants, mais aussi par celles des travailleurs du Québec. Ma collègue Natalie Alméras a donc relevé un nouveau défi : encapsuler en 6 mois seulement tout le savoir développé par notre laboratoire en plus de 25 ans de recherche dans une unité mobile (un autobus transformé en laboratoire) qui aurait pour fonction de mesurer la santé cardiovasculaire des travailleurs, leurs habitudes nutritionnelles et d’activité physique, ainsi que notre facteur de risque préféré : leur condition cardiorespiratoire (capacité à l’effort). Cette évaluation allait être suivie par tout un programme où des équipes de cinq employés allaient compétitionner entre elles sur une période de trois mois afin d’améliorer leur alimentation, leur niveau d’activité physique et leur profil de santé. Le Grand Défi Entreprise était né. Depuis le lancement de ce projet, près de 3000 employés ont été évalués et nos résultats préliminaires présentés à plusieurs congrès scientifiques nationaux et internationaux sont renversants : les employés qui participent au Grand Défi Entreprise diminuent leur tour de taille de façon substantielle, améliorent leur capacité à l’effort et il s’ensuit une amélioration considérable de leur profil de santé en trois mois seulement, et ce, sans médicaments !

Tous ces travaux et ces résultats prometteurs et spectaculaires des actions du Grand Défi sont pour nous, à l’IUCPQ, une source de grande satisfaction, car cette collaboration nous permet enfin de passer de la recherche à l’action concrète sur le terrain en matière de prévention. Nous constatons à quel point ces projets tangibles répondent à des besoins criants en matière d’éducation et d’intervention dans le domaine de la prévention. Le peuple québécois est désormais très demandeur en matière d’actions préventives.

Nouveau partenariat avec Génome Québec
Compte tenu du passé de Pierre et de sa compréhension fine de la génétique et de son importance pour la santé des individus et en raison de l’importance de l’espace occupé par le Grand défi Pierre Lavoie et le Grand Défi Entreprise dans le paysage préventif québécois, il était normal qu’une grande organisation comme Génome Québec contacte Pierre et Germain afin de réfléchir avec eux à la possibilité d’un partenariat.

Génome Québec est une organisation bien connue des chercheurs du monde biomédical. Cette organisation coordonne, catalyse et supporte le financement de la recherche en génétique au Québec et des projets majeurs sont en cours. Ces travaux sont d’une importance capitale dans notre compréhension des maladies et dans la recherche de nouveaux traitements. Il est par contre aussi clair que notre bagage génétique interagit avec notre mode de vie pour déterminer notre risque de maladies coûteuses sur le plan personnel et financier pour notre société comme l’obésité, le diabète et les maladies cardiovasculaires. Ainsi, nous pouvons combattre, dans une certaine mesure, notre mauvaise génétique en mangeant mieux et en bougeant plus.

Génome Québec a donc conclu un partenariat avec le GDPL. Génome Québec apportera son expertise scientifique en génétique alors que le GDPL mettra à contribution son expertise d’agent mobilisateur sur le terrain. Finalement, en raison de notre collaboration historique avec le GDPL, l’IUCPQ continuera à fournir l’expertise scientifique sur l’importance des habitudes de vie. En bref, pour utiliser une expression chère aux amateurs de hockey, nous avons formé un trio qui devrait parfaitement se compléter, être très productif et fournir beaucoup d’action !

Première action conjointe
Afin de lancer officiellement ce partenariat, nous avons organisé, les 13-14 février derniers, le tout premier Symposium international génomique et prévention en santé personnalisée qui s’est tenu au Centre des sciences de Montréal. Ce symposium nous a permis d’inviter les plus grands experts internationaux du domaine de la génétique et nous les avons fait interagir avec les spécialistes du mode de vie et de la prévention par l’alimentation et l’activité physique.

À la lumière de la participation enthousiaste des chercheurs et des spécialistes, et forts des commentaires très positifs reçus des participants, nous sommes très satisfaits de constater que ce premier colloque a été un grand succès et qu’un consensus émerge de cette réunion.

Pierre, son organisation et leurs projets ont beaucoup impressionné la communauté scientifique internationale qui considère que le Québec est privilégié de pouvoir compter sur un champion qui est aussi un acteur de terrain charismatique, convaincant, et qui a également la volonté d’être rigoureux sur le plan scientifique dans sa démarche.

Les participants ont aussi reconnu que le Québec pourrait se faire une niche originale unique au monde en combinant des analyses génétiques sophistiquées à des mesures exhaustives de notre profil de santé, de notre mode de vie et de notre condition physique.

Un grand projet québécois sur tous les éléments de notre mode de vie en lien avec notre patrimoine génétique pourrait être lancé à la grandeur du Québec en utilisant le GDPL comme agent de mobilisation.

Des messages simples mais importants en prévention

Des conférenciers de prestige ont également permis de dégager des concepts très importants pour la santé des Québécois :

1-     Il est aussi important de faire attention à ce que l’on boit qu’à ce que l’on mange. La surconsommation de boissons sucrées est un fléau mondial qui contribue à l’épidémie d’obésité, de diabète et de maladies cardiovasculaires. Limiter sa consommation de boissons sucrées et s’hydrater préférentiellement avec de l’eau est un geste simple pour améliorer la qualité de notre alimentation;

2-     Il est plus important de se préoccuper de la qualité nutritionnelle globale que de la teneur en gras de notre alimentation, car il y a des bons gras (ex. : huile d’olive, huile de canola) et des mauvais gras (ex. : huile de palme, gras trans, huiles transformées par l’industrie). Il existe par ailleurs cinq indicateurs simples de qualité nutritionnelle : 1- les légumes et les fruits; 2- le poisson; 3- les fibres et les céréales à grain entier; 4- la faible teneur en sel; et 5- la faible consommation de boissons sucrées;

3-     La qualité nutritionnelle et l’activité physique sont toutes les deux des facteurs essentiels à la prévention de l’obésité et des maladies sociétales;

4-     Notre flore intestinale, qui est très affectée par la qualité et la variété de notre alimentation, a aussi un impact important sur notre santé.

Ainsi, mangeons varié, consommons des aliments les moins transformés possible, évitons le sel et le sucre ajoutés, faisons attention à ce que nous buvons et n’oublions surtout pas de bouger presque tous les jours !

Finalement, durant le congrès, le scientifique en chef du Québec, le Dr Rémi Quirion, est venu donner sa caution à ce partenariat en le citant comme exemple, en soulignant que « c’était la chose à faire ». Son exposé a été suivi d’une intervention très remarquée du ministre de la Santé, le Dr Réjean Hébert. Celui-ci a livré un exposé remarquable sur une vision en prévention pour le Québec. Le défi sera maintenant de transposer cette vision dans l’action. Toutefois, compte tenu de l’enthousiasme et de l’engagement personnel du ministre devant la mission du Grand Défi (il a couru avec les jeunes et il a fait la Boucle de 135 km l’an dernier), je suis de plus en plus optimiste : si la tendance se maintient et si le Grand Défi continue de recevoir la reconnaissance qu’il mérite non seulement de la population, mais également du monde politique, le Québec pourra éventuellement occuper une place avantageuse parmi les peuples les plus en forme et en santé dans le monde.

Le défi est de taille, mais le succès de ce premier congrès, l’enthousiasme qu’il génère de la part des milieux politique et scientifique et la volonté des partenaires impliqués laissent présager des actions concrètes non seulement pour la création du savoir dans le domaine de la médecine préventive personnalisée, mais également pour son transfert rapide vers la population. Longue vie au partenariat entre le Grand défi Pierre Lavoie et Génome Québec ! Ils pourront compter sur l’appui enthousiaste de notre équipe à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec !

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Combiner la génétique à l’action en prévention : la petite histoire d’une alliance naturelle pour le Grand Défi Pierre Lavoie, l’IUCPQ et Génome Québec.

Par le blogueur invité Jean-Pierre Després, Ph. D.

Directeur de la recherche en cardiologie
Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec
Professeur en kinésiologie, Faculté de médecine
Université Laval

Les gens familiers avec ce blogue et avec l’histoire de Pierre Lavoie connaissent bien le parcours remarquable de ce grand triathlète québécois qui a fait face à l’adversité et a traversé deux événements tragiques (le décès de deux de ses enfants attribuable à une maladie génétique, l’acidose lactique). Il a utilisé son immense énergie, ses moyens physiologiques et sa force psychologique pour convertir une situation potentiellement insoutenable en des actions de terrain qui sont en voie de changer les normes sociales au Québec : l’éducation de nos enfants et de leurs parents sur les bénéfices d’une alimentation saine et de l’activité physique. Ainsi, des centaines de milliers de petits Québécois (et leurs parents et grands-parents) connaissent maintenant très bien la notion des fameux cubes énergie. C’est avec plaisir qu’ils se mobilisent au printemps dans le but de « faire des cubes » et peut-être se retrouver à Montréal pour accueillir, un certain dimanche de juin, les cyclistes participant au 1000 km du Grand défi Pierre Lavoie (GDPL) qui rentrent fatigués, mais heureux et fiers de leur périple de trois jours à travers le Québec.

Partenariat entre l’Institut universitaire de cardiologie et pneumologie de Québec (IUCPQ) et le GDPL
En tant que chercheur et professeur à l’Université Laval, cela fait maintenant 28 ans que je dirige un laboratoire de recherche qui s’intéresse aux éléments de notre mode de vie (sédentarité, malbouffe) et de leurs conséquences qui augmentent nos risques de développer des maladies chroniques sociétales comme l’obésité, le diabète de type 2, l’hypertension et les maladies cardiovasculaires. À titre d’exemple de retombées de nos études, nos travaux réalisés à l’IUCPQ nous ont permis de conclure que l’obésité était bien plus qu’un problème de poids. Ainsi, indépendamment de notre poids corporel, trop de graisse dans la cavité abdominale, une condition que nous avons appelée obésité viscérale il y a 25 ans, s’avère un puissant facteur de risque pour le diabète, les maladies cardiovasculaires et même certaines formes de cancers, d’où l’importance de suivre l’évolution de son tour de taille plutôt que de son poids. Par ailleurs, nos études d’intervention ont démontré qu’améliorer la qualité de notre alimentation (plutôt que se contraindre à une restriction calorique et à une diète à faible teneur en gras) et augmenter notre niveau d’activité physique pouvaient induire une perte de cette graisse viscérale dangereuse pour la santé et permettre parfois d’augmenter notre masse musculaire, et ce, sans nécessairement perdre beaucoup de poids. Nous avons donc proposé que le concept du « poids santé » était complètement dépassé et que nous devions aller au-delà du poids corporel et de la perte de poids pour apprécier les risques pour la santé du surpoids et de l’obésité. De nouveau, la simple mesure du tour de taille nous permet de préciser l’évaluation et le suivi du risque cardiovasculaire; il s’agit d’un signe vital aussi important que le taux de cholestérol ou la tension artérielle.

Malheureusement, même si ces notions ont des implications concrètes pour la santé des Québécois, j’ai réalisé les limites de mes actions de chercheur si le relais n’était pas pris sur le terrain.

Ainsi, il existe un profond fossé entre ce que nous savons sur le plan scientifique en matière de prévention et ce que nous communiquons et réalisons sur le terrain. Cette situation est pour moi une source de désolation et de frustration depuis plus de 20 ans. C’est alors qu’arrive dans le décor un athlète et un papa du nom de Pierre Lavoie…

La mobilisation sociétale du GDPL
Lorsque Pierre et son équipe nous ont contactés pour nous demander de les aider à développer des outils éducatifs pour ses visites dans les écoles, il a été aiguillé vers l’expertise de ma collègue, le Dre Natalie Alméras. Celle-ci a contribué au développement du concept du « Véhicube », un véhicule éducatif formidable qui non seulement fait le plaisir des enfants, mais qui leur permet également de tester et d’affûter leurs connaissances en nutrition. De plus, ils ont la chance de faire du vélo virtuellement avec Pierre. Votre enfant est peut-être parmi les 35 000 jeunes par année qui reçoivent la visite du Véhicube et a probablement vécu cette expérience formidable qui laissera manifestement des traces et des souvenirs inoubliables.

Plus de 1100 établissements scolaires au Québec représentant près de 325 000 de notre demi-million d’étudiants se sont mobilisés dans le cadre du concours « Lève-toi et bouge » du GDPL le printemps dernier, une statistique absolument remarquable. Une telle progression et de tels chiffres me rendent d’ailleurs optimiste sur le futur de la prochaine génération de Québécois. Il y a bien des chances que ceux-ci soient sensibilisés et possiblement plus actifs que la génération précédente. En effet, ils ont dépensé plus de 90 millions de cubes énergie lors du printemps 2013, ce qui représente une dépense énergétique probablement supérieure à 2 milliards de calories, une estimation très conservatrice ! Que d’énergie mobilisée par le Grand Défi pour le bénéfice, le plaisir et la santé de nos enfants !

Au fil de cette collaboration, je me suis aussi concrètement impliqué dans le GDPL en participant depuis 3 ans au 1000 km par l’entremise d’une équipe de l’IUCPQ : Les cardiométaboliques. Les 10 000 km que je parcours maintenant tous les ans sont une source de pur bonheur et de santé ! De plus, j’ai la chance de vivre le 1000 km du Grand Défi de l’intérieur, un privilège qui me permet d’en apprécier tout l’impact sociétal ! Quel événement mobilisateur !

Le GDPL en entreprise
Puisque notre institution est devenue au fil des ans très impliquée dans les activités du GDPL, nos discussions avec Pierre et Germain Thibault (directeur général du GDPL) nous ont permis de constater qu’ils étaient aussi très préoccupés non seulement pas les habitudes de vie de nos enfants, mais aussi par celles des travailleurs du Québec. Ma collègue Natalie Alméras a donc relevé un nouveau défi : encapsuler en 6 mois seulement tout le savoir développé par notre laboratoire en plus de 25 ans de recherche dans une unité mobile (un autobus transformé en laboratoire) qui aurait pour fonction de mesurer la santé cardiovasculaire des travailleurs, leurs habitudes nutritionnelles et d’activité physique, ainsi que notre facteur de risque préféré : leur condition cardiorespiratoire (capacité à l’effort). Cette évaluation allait être suivie par tout un programme où des équipes de cinq employés allaient compétitionner entre elles sur une période de trois mois afin d’améliorer leur alimentation, leur niveau d’activité physique et leur profil de santé. Le Grand Défi Entreprise était né. Depuis le lancement de ce projet, près de 3000 employés ont été évalués et nos résultats préliminaires présentés à plusieurs congrès scientifiques nationaux et internationaux sont renversants : les employés qui participent au Grand Défi Entreprise diminuent leur tour de taille de façon substantielle, améliorent leur capacité à l’effort et il s’ensuit une amélioration considérable de leur profil de santé en trois mois seulement, et ce, sans médicaments !

Tous ces travaux et ces résultats prometteurs et spectaculaires des actions du Grand Défi sont pour nous, à l’IUCPQ, une source de grande satisfaction, car cette collaboration nous permet enfin de passer de la recherche à l’action concrète sur le terrain en matière de prévention. Nous constatons à quel point ces projets tangibles répondent à des besoins criants en matière d’éducation et d’intervention dans le domaine de la prévention. Le peuple québécois est désormais très demandeur en matière d’actions préventives.

Nouveau partenariat avec Génome Québec
Compte tenu du passé de Pierre et de sa compréhension fine de la génétique et de son importance pour la santé des individus et en raison de l’importance de l’espace occupé par le Grand défi Pierre Lavoie et le Grand Défi Entreprise dans le paysage préventif québécois, il était normal qu’une grande organisation comme Génome Québec contacte Pierre et Germain afin de réfléchir avec eux à la possibilité d’un partenariat.

Génome Québec est une organisation bien connue des chercheurs du monde biomédical. Cette organisation coordonne, catalyse et supporte le financement de la recherche en génétique au Québec et des projets majeurs sont en cours. Ces travaux sont d’une importance capitale dans notre compréhension des maladies et dans la recherche de nouveaux traitements. Il est par contre aussi clair que notre bagage génétique interagit avec notre mode de vie pour déterminer notre risque de maladies coûteuses sur le plan personnel et financier pour notre société comme l’obésité, le diabète et les maladies cardiovasculaires. Ainsi, nous pouvons combattre, dans une certaine mesure, notre mauvaise génétique en mangeant mieux et en bougeant plus.

Génome Québec a donc conclu un partenariat avec le GDPL. Génome Québec apportera son expertise scientifique en génétique alors que le GDPL mettra à contribution son expertise d’agent mobilisateur sur le terrain. Finalement, en raison de notre collaboration historique avec le GDPL, l’IUCPQ continuera à fournir l’expertise scientifique sur l’importance des habitudes de vie. En bref, pour utiliser une expression chère aux amateurs de hockey, nous avons formé un trio qui devrait parfaitement se compléter, être très productif et fournir beaucoup d’action !

Première action conjointe
Afin de lancer officiellement ce partenariat, nous avons organisé, les 13-14 février derniers, le tout premier Symposium international génomique et prévention en santé personnalisée qui s’est tenu au Centre des sciences de Montréal. Ce symposium nous a permis d’inviter les plus grands experts internationaux du domaine de la génétique et nous les avons fait interagir avec les spécialistes du mode de vie et de la prévention par l’alimentation et l’activité physique.

À la lumière de la participation enthousiaste des chercheurs et des spécialistes, et forts des commentaires très positifs reçus des participants, nous sommes très satisfaits de constater que ce premier colloque a été un grand succès et qu’un consensus émerge de cette réunion.

Pierre, son organisation et leurs projets ont beaucoup impressionné la communauté scientifique internationale qui considère que le Québec est privilégié de pouvoir compter sur un champion qui est aussi un acteur de terrain charismatique, convaincant, et qui a également la volonté d’être rigoureux sur le plan scientifique dans sa démarche.

Les participants ont aussi reconnu que le Québec pourrait se faire une niche originale unique au monde en combinant des analyses génétiques sophistiquées à des mesures exhaustives de notre profil de santé, de notre mode de vie et de notre condition physique.

Un grand projet québécois sur tous les éléments de notre mode de vie en lien avec notre patrimoine génétique pourrait être lancé à la grandeur du Québec en utilisant le GDPL comme agent de mobilisation.

Des messages simples mais importants en prévention

Des conférenciers de prestige ont également permis de dégager des concepts très importants pour la santé des Québécois :

1-     Il est aussi important de faire attention à ce que l’on boit qu’à ce que l’on mange. La surconsommation de boissons sucrées est un fléau mondial qui contribue à l’épidémie d’obésité, de diabète et de maladies cardiovasculaires. Limiter sa consommation de boissons sucrées et s’hydrater préférentiellement avec de l’eau est un geste simple pour améliorer la qualité de notre alimentation;

2-     Il est plus important de se préoccuper de la qualité nutritionnelle globale que de la teneur en gras de notre alimentation, car il y a des bons gras (ex. : huile d’olive, huile de canola) et des mauvais gras (ex. : huile de palme, gras trans, huiles transformées par l’industrie). Il existe par ailleurs cinq indicateurs simples de qualité nutritionnelle : 1- les légumes et les fruits; 2- le poisson; 3- les fibres et les céréales à grain entier; 4- la faible teneur en sel; et 5- la faible consommation de boissons sucrées;

3-     La qualité nutritionnelle et l’activité physique sont toutes les deux des facteurs essentiels à la prévention de l’obésité et des maladies sociétales;

4-     Notre flore intestinale, qui est très affectée par la qualité et la variété de notre alimentation, a aussi un impact important sur notre santé.

Ainsi, mangeons varié, consommons des aliments les moins transformés possible, évitons le sel et le sucre ajoutés, faisons attention à ce que nous buvons et n’oublions surtout pas de bouger presque tous les jours !

Finalement, durant le congrès, le scientifique en chef du Québec, le Dr Rémi Quirion, est venu donner sa caution à ce partenariat en le citant comme exemple, en soulignant que « c’était la chose à faire ». Son exposé a été suivi d’une intervention très remarquée du ministre de la Santé, le Dr Réjean Hébert. Celui-ci a livré un exposé remarquable sur une vision en prévention pour le Québec. Le défi sera maintenant de transposer cette vision dans l’action. Toutefois, compte tenu de l’enthousiasme et de l’engagement personnel du ministre devant la mission du Grand Défi (il a couru avec les jeunes et il a fait la Boucle de 135 km l’an dernier), je suis de plus en plus optimiste : si la tendance se maintient et si le Grand Défi continue de recevoir la reconnaissance qu’il mérite non seulement de la population, mais également du monde politique, le Québec pourra éventuellement occuper une place avantageuse parmi les peuples les plus en forme et en santé dans le monde.

Le défi est de taille, mais le succès de ce premier congrès, l’enthousiasme qu’il génère de la part des milieux politique et scientifique et la volonté des partenaires impliqués laissent présager des actions concrètes non seulement pour la création du savoir dans le domaine de la médecine préventive personnalisée, mais également pour son transfert rapide vers la population. Longue vie au partenariat entre le Grand défi Pierre Lavoie et Génome Québec ! Ils pourront compter sur l’appui enthousiaste de notre équipe à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec !

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Une réponse à Combiner la génétique à l’action en prévention

  1. Benoit Levert dit :

    Wow que de belles nouvelles !!!
    Pour ma part ça me convint encore plus que le 10 000$ que ma compagnie Ok Pneus apporte en tant que commanditaire de L’équipe OK Pneus du 1000KM est la bonne chose a faire dans une optique de bien être social provincial et peut être un jour mondial soyons des modèles a suivre.
    BRAVO au Grand Defi vous changer des vies, la mienne en premier je suis maintenant avec 30lbs en moins un fervent cycliste et se grâce a ton message Pierre et l’enthousiasme de mon regeretter ami Philippe Boivin
    Benoit Levert
    Ok Pneus

  2. jean-francois Asselin dit :

    sans oublier les effets bénéfiques sur le bien être psychologique…trop souvent négligé

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